Skip links

Mon juge sensible aux justiciables

J’ai dit à mon collègue avocat criminaliste du côté de la défense : « Hey ! J’ai eu un juge qui siège habituellement en chambre criminelle de la Cour supérieure ! », dans le dossier de ma poursuite au civil contre la DPJ, en chambre civile de la Cour supérieure. J’ai ajouté : « Il était à l’écoute, patient et sensible aux justiciables ! ». Mon collègue a répondu : « Un ancien avocat de la défense? ». Mon collègue a tout de suite compris que mon juge a passé une partie de sa carrière à défendre les personnes vulnérables, et plus particulièrement à l’aide juridique, pendant près de quinze ans.

Quand je plaide devant un juge, qui lui aussi a travaillé au service des personnes vulnérables lorsqu’il était avocat, le ton de l’audition est spécial. C’est comme si l’on venait de la même place, je palpe une racine commune. Le juge est dans l’empathie et dans la compréhension. Le juge est connecté aux justiciables, à leur réalité et à leurs difficultés. Ces moments de plaidoiries devant un tel juge est un baume sur le cœur. Ce n’est pas facile de représenter les parties vulnérables devant les tribunaux, souvent confrontées à l’État, que ce soit le Directeur de la protection de la jeunesse ou le Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Je respecte les compétences des juges quelle que soit leur provenance. Néanmoins, je voulais partager cette expérience spéciale à mes yeux. Ça me prend des petits moments comme ceux-ci pour trouver la force de continuer à effectuer mon travail au service de la population vulnérable.

Auteur : Maître Vivan Nguyen, avocate en protection de la jeunesse et droit familial desservant les districts judiciaires de Montréal, Laval et Longueuil

Nos derniers articles

Explore
Drag