Ma meilleure amie participe chaque année à l’organisation Opération Père Noël qui consiste à répondre à la lettre au Père Noël d’un enfant et à sa liste de cadeaux. Cette opération s’adresse aux enfants issus de milieux défavorables et vulnérables. L’an dernier, elle est tombée sur une fillette qui voulait des souliers. Ses vœux ont été exaucés par le Père Noël. Cette année, elle est tombée sur une adolescente en famille d’accueil qui voulait du maquillage. Ses vœux seront exaucés par le Père Noël. Je lui ai demandé comment se fait-il que des adolescents écrivent au Père Noël, par curiosité et non par reproche. Elle m’a répondu qu’il lui importait peu et qu’elle aime donner, peu importe l’âge, puisqu’une grande partie des enfants sont des jeunes de la DPJ. J’ai totalement approuvé sa générosité et bienveillance envers les enfants… les enfants de mes clients…
Mais je me suis indignée ! Ma meilleure amie fait ce que certains de mes clients ne peuvent pas, c’est-à-dire apporter des cadeaux aux enfants lors des visites supervisées, que ce soit pour leur fête, pour Noël, ou encore pour le simple plaisir de donner. La moitié de mes clients peuvent donner des cadeaux sous la surveillance de la DPJ, et l’autre moitié, pas du tout, interdiction totale de donner quoi que ce soit. Mon amie a répondu que c’était bizarre. J’ai répondu que je trouvais ça dommage pour les enfants. Ces enfants doivent compter sur mon amie pour un cadeau de Noël pendant que mes clients supplient la DPJ de donner un cadeau lors de leurs visites supervisées ou encore par l’intermédiaire de l’intervenant DPJ.