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La DPJ veut rencontrer mon enfant à l’école ou à la garderie sans moi : que faire ?

Apprendre que la DPJ veut parler à votre enfant à l’école ou à la garderie, sans votre présence, peut provoquer un choc immédiat. Beaucoup de parents pensent aussitôt : « On m’écarte. On me soupçonne. Je vais perdre le contrôle du dossier. » Pourtant, ce type de démarche ne veut pas automatiquement dire que votre enfant sera retiré ni qu’une décision a déjà été prise contre vous. En protection de la jeunesse, une intervention peut commencer par une vérification, une évaluation ou une prise d’information, et les parents demeurent des acteurs importants du dossier. 

La première chose à comprendre est la suivante : ce n’est pas le moment de paniquer, ni de réagir impulsivement contre l’école, la garderie ou l’intervenant. À ce stade, ce qui protège le mieux un parent, ce n’est pas la confrontation. C’est la clarté, le calme et la stratégie.

Ce qu’il faut retenir tout de suite

Si la DPJ souhaite rencontrer votre enfant dans son milieu scolaire ou à la garderie, c’est souvent parce qu’elle veut obtenir des informations directement auprès de l’enfant et dans un milieu neutre, rapidement accessible. Au Québec, le personnel enseignant et les personnes œuvrant dans un milieu de garde ont d’ailleurs, dans plusieurs situations, une obligation de signaler sans délai une situation préoccupante à la DPJ. La loi prévoit aussi une collaboration des ressources du milieu autour de l’enfant, et les conditions de communication de renseignements doivent être interprétées de manière à favoriser la protection de l’enfant lorsque son intérêt l’exige. 

Cela dit, les parents n’ont pas à être traités comme de simples spectateurs. La Loi sur la protection de la jeunesse prévoit que l’enfant et ses parents doivent être informés de leurs droits, notamment du droit de consulter un avocat. Elle prévoit aussi qu’ils doivent avoir l’occasion d’être entendus, d’exprimer leurs préoccupations et d’être écoutés au moment approprié de l’intervention. 

Que faire concrètement ?

1) Garder votre calme et vérifier les faits

Avant tout, cherchez à obtenir des informations précises :

  • Qui de la DPJ a communiqué avec vous-même ?
  • Est-ce qu’un signalement a été retenu ?
  • Est-ce une simple prise de contact ou une véritable étape d’évaluation ?
  • L’entrevue est-elle prévue à l’école ou à la garderie ?
  • Votre enfant sera-t-il rencontré seul ?

Le but n’est pas de débattre au téléphone. Le but est de comprendre où vous en êtes réellement.

2) Ne pas coacher votre enfant

C’est souvent l’erreur la plus dommageable. Dire à un enfant quoi répondre, quoi cacher, ou comment “bien parler” à la DPJ peut ensuite être interprété très négativement. Vous pouvez rassurer votre enfant, lui dire qu’il a le droit de parler calmement et qu’il n’a pas à avoir peur. Mais il faut éviter de transformer cela en préparation de version.

3) Commencer immédiatement à documenter la situation

Notez les dates, heures, noms des intervenants, appels reçus, courriels, messages de l’école ou de la garderie, et les faits exacts qui vous ont été rapportés. En protection de la jeunesse, la chronologie compte énormément. Un parent crédible est un parent capable d’expliquer les faits clairement, sans exagération ni confusion.

4) Consulter rapidement un avocat en DPJ

C’est souvent ici que le dossier bascule. Le vrai enjeu n’est pas seulement la rencontre de votre enfant à l’école ou à la garderie. Le vrai enjeu, c’est ce qui viendra ensuite : entrevue avec vous, lecture des inquiétudes, propositions de mesures, pression pour collaborer rapidement, ou éventuellement recours au tribunal si le désaccord persiste. Lorsque les parents ne sont pas d’accord avec les mesures proposées ou avec l’idée même que la sécurité ou le développement de l’enfant soit compromis, le DPJ peut saisir le tribunal. 

Les erreurs à éviter (très graves!)

Beaucoup de parents, surtout dans les premières heures, posent des gestes qui fragilisent inutilement leur dossier :

  • appeler l’école ou la garderie en colère;
  • exiger que personne ne parle à l’enfant;
  • accuser immédiatement l’autre parent sans preuve solide;
  • envoyer de longs messages émotifs à la DPJ;
  • minimiser totalement la situation;
  • ou au contraire, s’effondrer et accepter n’importe quoi sans comprendre les conséquences.

Une approche forte n’est pas une approche explosive. Une bonne réaction, c’est une réaction structurée.

Pourquoi il faut agir tôt

En matière de DPJ, les premiers échanges orientent souvent le reste du dossier. La manière dont un parent se présente, explique la situation, comprend les inquiétudes et exerce ses droits peut influencer la suite de l’intervention. Les parents demeurent les premiers responsables de leur enfant, leur opinion est importante, et leur implication est considérée comme essentielle dans la recherche de solutions.

À Montréal, plusieurs dossiers deviennent plus lourds qu’ils ne devraient l’être simplement parce que les parents ont été laissés seuls au moment critique : trop tôt pour comprendre la portée de la démarche, trop stressés pour répondre clairement, et trop tard lorsqu’ils consultent finalement. Une consultation juridique rapide peut faire une vraie différence dans la façon d’aborder la DPJ, de communiquer avec l’école ou la garderie, et de protéger votre position parentale dès le départ.

Besoin d’aide à Montréal ?

Si la DPJ veut rencontrer votre enfant à l’école ou à la garderie sans vous, il est souvent préférable d’obtenir un avis juridique rapidement avant que le dossier ne prenne de l’ampleur.

Maître Vivan Nguyen, avocate en protection de la jeunesse et en droit familial à Montréal, accompagne les parents qui veulent comprendre la situation, protéger leurs droits et intervenir stratégiquement dès les premières démarches.

Pour prendre rendez-vous, consultez la page CONTACT :
https://vivannguyenavocate.com/contact/

Auteur : Maître Vivan Nguyen, avocate en protection de la jeunesse et droit familial desservant les districts judiciaires de Montréal, Laval et Longueuil

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