Votre enfant autiste vit des crises importantes. L’école vous appelle régulièrement. Vous cherchez de l’aide, mais les services tardent. Puis, la DPJ intervient et vous parle de « troubles de comportement sérieux ».
Vous vous demandez : est-ce qu’on reproche à mon enfant son autisme? Est-ce qu’on me reproche de ne pas réussir à empêcher chaque crise?
Il faut distinguer le diagnostic, les comportements de l’enfant et les moyens pris pour l’aider.
Que dit l’article 38 f)?
L’article 38 f) de la Loi sur la protection de la jeunesse vise des comportements qui portent atteinte à la santé physique ou psychologique de l’enfant ou d’une autre personne, de façon grave ou continue.
Il faut aussi que les parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation, ou que l’enfant de 14 ans ou plus s’oppose à ces moyens.
Un diagnostic d’autisme ne suffit donc pas à établir ce motif d’intervention. À l’inverse, l’autisme n’exclut pas l’application de cet article lorsque ses conditions sont réunies.
Une crise ne raconte pas toute l’histoire
Chez un enfant autiste, un changement de routine, un environnement trop bruyant ou une difficulté à comprendre ce qu’on lui demande peuvent entraîner une grande détresse.
Par exemple, un rapport indique : « L’enfant frappe lorsqu’on lui demande de changer d’activité. » Il faut aussi chercher à comprendre ce qui précède le geste : avait-il été préparé à la transition? Comprenait-il la consigne? Les adaptations recommandées étaient-elles en place?
Le geste et ses conséquences comptent. Son contexte aussi. Pour comprendre la situation, il faut documenter les deux.
Des crises qui continuent ne prouvent pas, à elles seules, que le parent ne fait rien
Comme avocate, je porterais une attention particulière à ce qui est concrètement reproché au parent : quel moyen aurait-il omis de prendre? Ce moyen lui a-t-il été expliqué? Était-il accessible et adapté aux besoins de son enfant?
Un parent peut multiplier les demandes d’aide, suivre les recommandations et attendre depuis des mois un service spécialisé. Cette réalité doit apparaître dans le dossier, avec les difficultés qui persistent.
Il faut distinguer un service refusé, un service demandé mais indisponible et un service reçu qui ne répond pas aux besoins de l’enfant. Ce sont des situations différentes.
Que préparer si la DPJ intervient?
Rassemblez les éléments qui permettent de comprendre votre quotidien :
- les évaluations et les recommandations des professionnels;
- vos demandes de services, vos relances et les réponses reçues;
- les mesures essayées à la maison et à l’école, avec leurs résultats;
- quelques exemples précis de crises : ce qui les précède, leurs conséquences et ce qui aide votre enfant.
Demandez également quels comportements précis sont visés et quels changements sont attendus de vous. Des attentes comme « mieux encadrer l’enfant » doivent être expliquées concrètement pour que vous puissiez y répondre.
Votre enfant doit être compris dans toute sa réalité
Dans un dossier de DPJ, je veux que l’on voie aussi les besoins de l’enfant, les efforts de ses parents et les obstacles à l’obtention d’aide. Une liste de crises ne présente qu’une partie de son histoire.